Traduction d’après le journal des soigneurs par Laurence CORNET

Nouvelles du mois : ayant été présente au Kenya en septembre, j’ai été le témoin attristé et me suis sentie désemparée devant une sécheresse la plus importante que je n’ai jamais vue, dont on parle dans les premières lignes des nouvelles, avec des éléphants sauvages adultes très émaciés, avec de jeunes bébés à leurs côtés, avec des carcasses de bébés éléphants, sans parler de tout le reste de la faune sauvage très affecté par le manque de végétation. Tsavo a perdu entre 100 et 150 éléphants ! A qui la faute ? Aux humains une fois de plus, à méditer et à se remettre un peu en question ! Heureusement les petits orphelins du DSWT sont bien dodus et heureux, témoins d’un travail remarquable mené sur le terrain.       

Petit message : Les soigneurs du DSWT vous remercient de votre soutien car vous permettez non seulement de soutenir le projet avec les orphelins mais vous permettez aussi de faire vivre leurs familles.

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Le mois de Septembre a été particulièrement éprouvant avec beaucoup trop d’orphelins arrivant à la nurserie, victimes de la sécheresse actuelle dans de grandes parties du pays, témoignant que les mères ne peuvent pas produire le lait nécessaire pour leurs bébés et même s’effondrant et mourant d’épuisement. Il est déchirant d’observer un autre facteur contribuant à faire baisser le nombre de ces espèces : hormis le braconnage et les conflits avec les communautés, elles doivent maintenant faire face à une pénurie de nourriture. Nous travaillons dur dans Tsavo, là où la population d’éléphants est la plus importante au Kenya, à maintenir des forages actionnés par le vent pour réduire le manque d’eau, mais le facteur déterminant cette année est la pénurie de végétation. Les équipes vétérinaires mobiles du KWS financées par le DSWT ont été très occupées, s’occupant de multiples cas et participant à des sauvetages. Les orphelins les plus jeunes sont venus à la nurserie de Nairobi pour le traitement et les soins nécessaires, tandis que les autres orphelins plus âgés ont été amenés au centre de réintroduction de Voi pour être assimilés à nouveau dans le sauvage avec nos orphelins dépendants. Les orphelins Maisha, Namalok, Sapalan et le minuscule Pili ont tous été sauvés de l’autre côté du pays, dans de vastes zones sèches et pas seulement dansTsavo, et sont actuellement à la nurserie.

Nous avons reçu quelques averses de pluie ce mois-ci qui ont été les bienvenues et bénéfiques pour faire retomber la poussière et rétablir la flore desséchée et nous espérons que la pluie arrivera bientôt.

Heureusement grâce à notre puits à Nairobi, les orphelins sont inconscients de telles difficultés pour l’eau et sont en bonne santé, dodus grâce aux suppléments en luzerne qu’ils obtiennent ! Ils se chamaillent pour cela et Tamiyoi en est particulièrement fan. Quand la décision a été prise de réduire ces suppléments, elle a été la première à le remarquer, tellement désemparée, courant d’un côté de l’autre, tendant sa trompe vers les soigneurs pour savoir où ils pourraient être. Jotto et Malima ont été repérés un matin, se disputant au sujet des granules de luzerne devant la palissade de Maxwell, rejoints bientôt par Tamiyoi. Malheureusement Jotto a usé de sordides mesures en mordant la queue de Tamiyoi pour obtenir les granules, mais son triomphe a été de courte durée, Mundusi arrivant et le poussant au loin.

Mundusi, Ndiwa et Mteto sont devenus ces jours-ci des faiseurs de troubles, particulièrement pendant la visite du public le matin. Ils donnent « du fil à retordre » à leurs   gardiens : alors qu’ils sont censés prendre leur lait avec le deuxième groupe, ils s’esquivent afin de l’obtenir plus rapidement ! Ndiwa est le chef du groupe, mais les gardiens ont compris ses tours et savent comment empêcher sa fuite. Enkesha peut être espiègle quelques fois aussi mais tous les orphelins se disciplinent les uns avec les autres. Sa trompe continue à bien guérir après avoir été presque coupée en deux par un câble métallique et elle apprécie de plus en plus les bains de boue car ils doivent être apaisants pour sa blessure.

Heureusement pour tous les nouveaux-venus, la majorité des femelles de la nurserie sont extrêmement accueillantes et compréhensives : Kuishi, Malkia, Maramoja, Godoma, Tamiyoi, Tagwa et Mbegu sont venues autour des palissades des nouveaux orphelins traumatisés pour les rencontrer et les réconforter. Un matin, nous avons observé Malkia essayant d’ouvrir la porte de Maisha, avant qu’elle réalise qu’elle pouvait communiquer par la cloison de l’étable de Musiara. C’est alors que Malkia, Tagwa et Tamiyoi se sont présentées au même moment à la porte, prêtes à tout pour être la première à la saluer. Maisha, sauvée en début de mois, s’est très bien adaptée et s’est attachée à Emoli qui a été sauvé le mois d’avant. Les deux sont toujours ensemble et les gardiens les ont observés comme s’ils étaient frère et sœur, Maisha suivant habituellement son « frère » Emoli en tête.

Murit et Luggard sont connus pour être des mâles prenant soins des plus jeunes, mais de temps en temps d’autres mâles nous étonnent comme quand Ngilai, connu normalement pour pousser certains des orphelins, a été vu permettre au minuscule bébé Pili à sucer ses oreilles, un réconfort qu’il avait l’habitude de recevoir d’Elkarama quand il était jeune. Un autre matin, Ngilai était d’humeur très espiègle et a invité les jeunes Maktao, Musiara et Sattao à venir jouer avec lui. Ce n’est pas dans son caractère mais il a passé une bonne matinée à rouler dans la poussière avec les bébés, les permettant de grimper et de glisser sur son corps. Habituellement c’est Malkia et particulièrement Tagwa qui s’occupent de Sattao et elles ne le laissent pas souvent hors de leur vue. Un matin, Sattao est resté coincé dans la boue, ne pouvant pas se redresser mais avant même qu’il ait le temps de crier les deux femelles étaient là. Elles l’ont aidé à se redresser et l’ont escorté hors du bain de boue.

Les autres orphelins de la nurserie vont également bien. Kiko, la girafe, s’est bien comporté mais les orphelins préfèrent le charger et le chasser au loin plutôt que de brouter en sa compagnie. Maxwell, le rhinocéros, a été gâté par plusieurs visites de Solio ce mois-ci et il apprécie toujours ses visites, chargeant à travers le mur de la palissade.

001 MaishaMaisha003 KikoetMusiaraKiko et Musiara033 NgilaiNgelai048 Legroupele groupe

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