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Cela fait quatre ans que l’unité de réintroduction dans la forêt de Kibwezi Umani springs a été créée, forêt contrôlée par le DSWT  en partenariat avec Kenya  Forest Service. Des résultats concrets deviennent de plus en plus évidents. Après la construction d’une clôture à la frontière avec le parc national de Chyulu et le long du parc sur 73 kms, le nombre de la faune a augmenté, l’activité illégale a fortement diminué et le braconnage pratiquement supprimé. La barrière protège la communauté environnante des éléphants tout en fournissant un emploi pour entretenir la barrière. Les éléphants sauvages sont vraiment présents dans ce beau secteur et ceci signifie de nombreuses interactions avec nos orphelins presque quotidiennement. La forêt de Kibwezi est une zone de sources  vitales et elle est une magnifique oasis. Les sources d’eau douce surgissent des roches de lave, ayant filtré au travers de la montagne poreuse de Chyulu.

Bien que la rencontre avec les troupeaux sauvages soit devenue presque quotidienne pour nos jeunes orphelins, les éléphants sauvages sont encore méfiants vis-à-vis des humains et certains sont peu disposés à approcher les orphelins quand les gardiens sont présents. Les gardiens ont essayé de garder leur distance à certaines occasions pour les laisser interargir, mais chaque rencontre doit être surveillée car le comportement des éléphants sauvages peut être imprévisible. Parfois leurs rencontres se font en douceur et les orphelins jouent et luttent avec les sauvages de leur âge, mais à d’autres occasions les éléphants sauvages peuvent être brusques et les gardiens doivent intervenir. Un jour, Ziwa a décidé de rejoindre un groupe de sauvages et a marché avec eux pendant un moment. Ils ont alors peut-être senti l’odeur des soigneurs sur lui et ont commencé à le pousser avec leurs longues défenses. Les gardiens l’ont appelé et il est revenu vers son groupe avec son amour-propre et son corps légèrement meurtri. Comme pour les femelles les plus âgées du troupeau, les mâles sauvages ont accordé une attention particulière à Sonje, 6 ans, et Murera, 8 ans. Un jour, ils ont essayé de les séparer du troupeau et même les gardiens n’ont pas pu les aider car les mâles sauvages leur bloquaient le passage. Avec l’aide de Lima Lima, d’Alamaya et de Zongoloni, les matriarches sont parvenues à s’échapper, à revenir vers les gardiens, où les sauvages n’ont pas pu suivre. Lima Lima a encore besoin d’un peu de pratique dans ces interactions sociales. Elle aime jouer avec les bébés sauvages mais a toujours tendance à être surexcitée et leur tire leurs queues ! Ce que ni eux, ni leurs mères protectrices n’apprécient.

Lima Lima a été certainement la star en natation au début du mois, quand le temps a été chaud et humide avant que la pluie ne tombe et les orphelins se sont livrés à un bain de boue à midi quotidiennement. Elle a même créé son propre bain de boue, pouvant contenir un seul orphelin à la fois et l’a apprécié de tout son cœur jusqu’à ce que le troupeau devienne impatient de l’attendre pour repartir en brousse. Les matriarches sont alors intervenues et Sonje l’a faite sortir. Elle est toujours également l’éléphant le plus gourmand du groupe et doit être retenue pour manger la dernière afin de ne pas déranger les autres. Quanza par ailleurs devient mois intéressée par son lait. A 6 ans, elle est assez âgée pour ne plus en prendre et préfère à la place manger de la tendre végétation qu’elle rencontre plutôt que d’aller prendre sa  bouteille de lait à midi. 

Les orphelins ont été tous étonnés quand la pluie a commencé à tomber vers la fin du mois, ne voulant pas sortir de leurs palissades le matin. Le temps froid les a rendus moins enthousiastes, appréciant plus les bains de poussière que de boue. Mwashoti et Murera sont les plus affectés par le froid en raison de leurs pattes et marchent plus lentement que les autres. Avec Sonje, ils ne peuvent souvent pas emprunter les chemins pris par les autres, tout particulièrement vers le haut des collines, en raison de leurs pattes  compromises. Quand il fait froid, ils prennent un moment pour s’échauffer, pour que leurs muscles se détendent, afin de pouvoir suivre les autres. Nous avons été très reconnaissants quand la pluie est tombée cependant, car le secteur était très sec et un feu s’était déclaré dans les collines de Chyulu se dirigeant vers la forêt de Kibwezi. Beaucoup d’éléphants sauvages ont été vus venant prendre refuge dans la forêt, tandis que nos équipes anti-braconnage de Chyulu, les gardes du KWS travaillant ensemble, rejoints par plus de 50 membres de la communauté, payés par le DSWT ont lutté contre le feu pendant des jours et la forêt de Kibwezi a été ainsi épargnée.

Alamaya et Mwashoti continuent à grandir et à développer leur personnalité.  Ils essayent souvent de grimper sur Sonje et Lima Lima à chaque fois qu’ils les voient se coucher. Si les matriarches leur interdisent de grimper, ils se fâchent et poussent les femelles avec leur derrière pour montrer leur frustration. Il semble qu’ils ont été encouragés par les femelles plus âgées du troupeau ! Ces dernières tirent des arbres de la végétation pour eux et s’assurent qu’ils soient protégés des mâles turbulents  comme Ngasha, Faraja et Jasiri. Ngasha aime particulièrement provoquer Alamaya en lui touchant le moignon de sa queue, ce qu’Alamaya déteste, et les femelles font toujours attention à ce genre de mauvais comportement !

001 ZiwaetNgashaZiwa et Ngasha012 SonjeSonje

016 MwashotiMwashoti026 MureraetAlamayaMurera et Alamaja

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