Traduction d'après le journal des soigneurs du Sheldrick Wildlife Trust par Laurence Cornet-Noel

Ce mois-ci, ARTHI a continué à jouer à « Dr Jekyll et Mr Hyde » à l'heure du lait. Il dévale le chemin à toute allure pour aller boire son lait, en barrissant bruyamment tout au long du trajet bien qu'il soit en tête — se comportant comme s'il n'avait pas mangé depuis trois jours, plutôt que depuis trois heures seulement ! Il redevient toujours un petit mâle calme et bien élevé dès qu'il a fini son lait.
Arthi a également appris quelques astuces de Mzinga. Un matin, peu après que les autres se soient installés pour brouter, il s’est faufilé vers les enclos à la recherche de restes de granulés et de luzerne — une tactique favorite de Mzinga. Lorsqu’il a vu un gardien venir le chercher, il s’est enfui en courant le long du chemin entre les enclos, ignorant ses sifflements, et a pris un autre passage au petit trot. Il a fallu deux gardiens pour attraper le vilain Arthi et mettre fin à son jeu de cache-cache.
Arthi
Mzinga et Nyambeni
Pardamat a de grandes ambitions : il veut devenir le mâle dominant de la nurserie — mais il doit attendre son tour et faire attention à ses manières ! Taroha est le plus âgé, le plus grand et donc le mâle dominant. Un matin dans la forêt, Taroha broutait paisiblement avec la petite Kipekee lorsque Pardamat le poussa par derrière. Profitant de l’effet de surprise, il réussit à renverser le plus âgé. Ce fut une grave erreur. Taroha est peut-être facile à vivre, mais Pardamat avait dépassé les bornes. Barrissant bruyamment, il poursuivit Pardamat et tenta de lui mordre la queue. Le jeune coquin courut se mettre à l’abri, barrissant d’effroi.
Notre véritable chef de troupe est très apprécié des petits. Un matin, dans la forêt, Taroha était allongé sur le flanc, se reposant par terre, tandis que Daba, Arthi et Kipekee s’étaient blottis autour de lui. Bien qu’ils n’aient pas tout à fait réussi à grimper sur lui, ils ont enroulé leurs trompes autour de son corps et se sont appuyés contre lui.
Olomunyak et Talek
Pardamat
Olomunyak est l'ami de tout le monde, éléphants ou autres. Il a un vrai faible pour Maxwell, notre rhinocéros noir aveugle. Un matin, alors qu'il se rendait dans la forêt, Olomunyak s'est arrêté devant l'enclos de Maxwell, où l'énorme rhinocéros attendait un visiteur de l'autre côté. Olomunyak a grogné en guise de salut, a touché Max avec sa trompe, puis a commencé à pousser la barrière avec sa tête. Max est resté immobile, appréciant le jeu. Lorsque Kipekee s'est approchée pour se joindre à eux, Olomunyak l'a repoussée — il n'était pas disposé à partager son amitié avec le rhinocéros.
Tytan, notre jeune rhinocéros noir, grandit et commence peut-être à respecter Max, comme il se doit. Un matin, il a traversé l'enclos de Max sans s'arrêter pour faire ses besoins. La bataille des tas d'excréments serait-elle en train de toucher à sa fin ?
Tytan et Notty sont toujours inséparables. Un soigneur les décrit comme étant liés comme des jumeaux. Le petit rhinocéros et la petite zèbre ne semblent pas du tout se percevoir comme différents l’un de l’autre. Le matin, ils s’amusent à jouer à courir à travers les buissons : Tytan se dandine derrière Notty, qui s’enfuit mais ralentit le pas pour que le jeu reste amusant. Le zèbre court sur une courte distance, le rhinocéros le rattrape, le zèbre s'éloigne à nouveau. En grandissant, ils se sépareront bien sûr, car Tytan établira son territoire dans le parc et Notty rejoindra une famille de zèbres. Mais pour l'instant, ce duo improbable est composé de deux meilleurs amis.
Tytan et Notty
Maxwell
Mzinga continue de suivre son propre chemin. Un après-midi, elle s’est enfoncée seule dans la brousse, ignorant tous les appels, et il a fallu la persuader de rejoindre les autres quand il était temps de rentrer pour la nuit. Notre petite femelle grandit.
Malgré son indépendance grandissante, Mzinga a toujours veillé sur les petits perdus et les égarés — et cela n’a pas changé. Un jour, alors que le troupeau s’était éloigné et que la timide Alia était restée en arrière, Mzinga a choisi de rester avec elle. Les deux jeunes femelles ont brouté côte à côte jusqu’à ce que Mzinga encourage la nouvelle venue à rejoindre le troupeau. Les autres jours où Alia a disparu du groupe, Mzinga est partie à sa recherche pour s’assurer que tout allait bien.
Alia continue de s'adapter. Elle est plus forte physiquement qu'auparavant, mais reste une petite femelle timide qui préfère suivre le troupeau à une distance confortable plutôt que de se trouver au milieu de celui-ci. Même si elle se sent de plus en plus à l'aise avec les gardiens, elle n'apprécie pas la présence d'étrangers. Avec le temps, nous savons qu'elle commencera à s'ouvrir un peu, mais elle semble aussi être de nature réservée.
Nyambeni est folle de la petite Kipekee, mais elle sait aussi quand elle doit la laisser tranquille. Un matin, c'était drôle de la voir refuser que Mzinga, Talek ou Wamata s'approchent de « son » bébé et les chasser tour à tour. Cependant, lorsque Muridjo s'est approchée, Nyambeni l'a laissée s'approcher de Kipekee sans broncher. La hiérarchie est la hiérarchie, et Nyambeni sait que sa place est inférieure à celle de Muridjo, la mini-matriarche.
Alia
Taroha et Kepekee
Le règne de Kipekee en tant que favorite n’est plus incontesté, car Daba a également conquis le cœur des grandes femelles. Plutôt que de voir d’un mauvais œil ce détrônement, Kipekee l’a accepté. Les deux bébés deviennent amis, passant beaucoup de temps ensemble grâce à toutes les femelles plus âgées qui tournent autour d’eux. Un matin, Daba et Kipekee ont mené le troupeau hors de l’enclos ensemble, les deux petits se bousculant l’un l’autre — tantôt l’un menait, tantôt l’autre — tandis que Talek, Muridjo, Mzinga et Nyambeni se promenaient tranquillement derrière eux.
Le petit Daba est vraiment très apprécié. Il a un visage doux, une personnalité joyeuse et aime tout le monde. Il devient de plus en plus fort et s’est fait plein d’amis dans le troupeau : un matin, il broutait avec sa vieille amie Alia, puis avec le mâle dominant Taroha, et enfin avec sa nouvelle meilleure amie Wamata. Comme Daba et Wamata dorment dans des étables voisines, nous nous attendions à ce qu’ils deviennent de bons amis — et c’est exactement ce qui s’est passé.
En fait, Wamata est devenue une grande femelle aujourd’hui ! La petite chérie gâtée a disparu pour laisser place à une grande sœur attentionnée. Elle a longtemps été la plus jeune du troupeau et a dû s’adapter à l’arrivée de Kipekee — au début, elle était jalouse de la petite et la bousculait parfois quand les femelles plus âgées ne regardaient pas. Mais ce n’est plus le cas. Elle dort dans l’étable entre Kipekee et Daba, et les chouchoute désormais tous les deux.
Daba
Warmata
Talek continue d’avoir des manières impeccables et une personnalité imperturbable. Notre petite femelle attentionnée et facile à vivre riposte rarement quand l’une des autres se comporte mal. Un après-midi, au bain de boue, la coquine de Kipekee lui a donné un coup de patte par derrière. Talek n’a pratiquement pas réagi — elle a retrouvé son équilibre, a baissé la tête et a continué à brouter les herbes supplémentaires. Nous avons réprimandé la petite avec des sifflements d’avertissement.
Le mois s'est achevé par une nuit de violents orages, et la pluie a continué jusqu'au matin. Tous les orphelins étaient réticents à quitter leurs enclos — à l'exception de Kipekee, qui s'est précipitée hors de son abri pour profiter de l'averse. Bien qu'elle n'aime pas les averses une fois la nuit tombée, elle apprécie la pluie pendant la journée. Accompagnée de Muridjo, Nyambeni et Talek, elle a trouvé Taroha, le petit qui adore l'eau, en train de se prélasser dans un cours d'eau. Sans une seconde d'hésitation, Kipekee s'est mise à barboter pour le rejoindre. Notre petit bébé a pris suffisamment d'assurance pour nager avec le mâle dominant sans aucune nounou !
Photos créditent DSWT
Nous rappelons que pour les nouvelles et les photos nous sommes tributaires du Sheldrick Wildlife Trust et ne pouvons fournir que les informations remises concernant les orphelins, sans oublier que les traductions sont faites bénévolement sur du temps personnel.
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