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Traduction d'après le journal des soigneurs du Sheldrick Wildlife Trust par Laurence Cornet-Noel

 

À Nairobi, le mois a commencé par des nuits pluvieuses et un groupe d’éléphants en protestation. Bien que la plupart des éléphants ne se souciaient guère du cliquetis de la pluie sur les toits en tôle, DABA, WAMATA, KIPEKEE et ARTHI n’étaient pas contents. Ils barrissaient et criaient, comme si les gardiens disposaient d’un bouton pour arrêter la tempête et qu’ils ne s’en servaient pas. Le calme n’est revenu que lorsque la pluie a cessé de tomber.

Chaque jour est un bon jour à la nurserie, mais certains jours sont tout simplement merveilleux. Un après-midi comme celui-là, le troupeau s’est livré à une spectaculaire séance de baignade dans la terre en milieu d’après-midi — et tous les éléphants y ont pris part. Les plus âgés, comme Muridjo, Nyambeni, Mzinga, Talek, Taroha, Olomunyak et Pardamat, se sont surtout roulés et ont fait des culbutes, tandis que les plus petits, comme Arthi, Daba, Kipekee, Wamata et la timide Alia, se cognaient contre eux et grimpaient sur leur dos. Pardamat s’est montré particulièrement gentil, laissant Daba et Arthi s’amuser à grimper sur lui. Alia s’est amusée à grimper sur Olomunyak, Wamata s’est hissée sur Taroha et Muridjo, et Kipekee a tenté de grimper sur Mzinga mais n’y est presque pas parvenue. La petite Zuri était ravie de trottiner partout, se frottant les fesses contre chaque éléphant qu’elle croisait !

MaxwellTaroha et Daba

Notre gentil oncle, Taroha, est un éléphant tellement bienveillant. Il entretient un lien très particulier avec Maxwell, notre rhinocéros noir aveugle qui vit ici. Alors que les autres remontaient le sentier menant à la forêt, Taroha est resté en arrière, posant sa trompe sur la tête de Max. Il a rapidement suivi les autres orphelins dans la forêt — mais quelques minutes plus tard, avec Pardamat à ses trousses, Taroha est revenu en catimini pour passer plus de temps avec Max ! Les deux mâles ont touché le rhinocéros avec leur trompe et ont cogné leurs têtes contre sa barrière.

Taroha n’était pas le seul visiteur inattendu de Max ce mois-ci. Un après-midi, la malicieuse Mzinga s’est éclipsée discrètement du groupe dans la forêt et est retournée aux enclos pour passer un moment avec son ami le rhinocéros. Dès qu’elle a aperçu un soigneur qui s’avançait vers elle, Mzinga s’est enfuie à toute vitesse vers la forêt, en barrissant tout au long du chemin. Cette petite maligne savait bien qu’elle n’était pas censée se trouver près des enclos. Les éléphants sont intelligents et savent anticiper ce qui va se passer !

MzingaAlia et Arthi

La douce et timide Alia n’a été sauvée qu’il y a huit mois, et elle est encore en train de s’adapter. Bien qu’elle reste encore un peu à l’écart, elle se jette de plus en plus souvent dans la mêlée quand l’envie lui en prend. Un après-midi, elle a défié Olomunyak à un jeu de mesure de force ! L’orphelin le plus espiègle du troupeau ne refuse jamais une invitation à jouer, et les deux orphelins se sont bousculés joyeusement dans tous les sens autour du bain de boue.

Arthi est un jeune mâle sûr de lui qui ne se cache pas parmi les grandes femelles, contrairement à Daba et Kipekee, qui adorent se faire chouchouter par Muridjo, Mzinga, Nyambeni et Talek. Bien qu’il n’ait pas encore deux ans, c’est un petit mâle qui adore être au premier rang, que ce soit dans la forêt le matin, en courant pour aller boire son lait, ou en rentrant aux enclos le soir.

Talek et OlomunyakWamata

On a tendance à considérer Muridjo comme une nounou plutôt laxiste, mais elle n’hésite pas à intervenir quand la situation l’exige. Un après-midi, alors que la petite Zuri s’approchait du groupe d’éléphants plongés dans la boue, Muridjo, pleine de bon sens, a glissé sa trompe sous le cou de Zuri et l’a tirée en arrière. La mini-matriarche avait décidé que ce bain de boue n’était pas sans danger pour elle : elle risquait d’être coincée ou écrasée par les autres, ou de ne pas pouvoir en sortir.

On ne considère généralement pas Talek comme une source de drames — mais les éléphants nous tiennent toujours en haleine ! Un matin, elle débordait d’excitation de manière inexplicable. Dès que nous avons ouvert sa porte, elle s’est précipitée dehors et est passée d’un enclos à l’autre, barrissant pour avertir le reste du troupeau. Son énergie a gagné Muridjo, qui s’est mise en équilibre sur ses pattes arrière pour tenter de sortir, ainsi que Mzinga, qui a essayé d’escalader le mur pour rejoindre l’enclos d’Alia.

Pardamat ,Nyambeni et ArthiKepekee. Mzinga et Zuri

L’arrivée de Zuri a bouleversé la dynamique du troupeau ! Kipekee et Daba ne sont plus les plus jeunes ni les plus petits. Ils apprécient Zuri, mais l’adaptation ne s’est pas faite sans heurts. Un matin, dans la forêt, Zuri s’est retrouvée coincée entre Nyambeni et Muridjo. Kipekee a tenté de la repousser, mais en vain : bien que les grandes femelles ne réagissent pas, elles lui barraient le passage. Daba a tenté sa chance à son tour, avec le même résultat. Puis Zuri a jailli d’entre les pattes de Muridjo, a donné un coup de tête à Kipekee et a rapidement regagné sa cachette, en sécurité.

Les trois femelles les plus âgées du troupeau sont Muridjo, Nyambeni et Mzinga. Muridjo et Mzinga s’affrontent rarement, mais une rivalité oppose Muridjo et Nyambeni pour le contrôle des petits. Mzinga accepte l’autorité de Muridjo en tant que « mini-matriarche », mais ce n’est pas toujours le cas de Nyambeni. Lorsque celle-ci charge Muridjo, la matriarche la remet fermement à sa place. Edwin surnomme Nyambeni la « nounou par la force » : elle s'impose avec joie dans ce rôle !

Pardamat et OlomunyakZuri et Muridjo

Pardamat et Olomunyak restent nos mâles les plus espiègles et les plus enjoués. Un matin, Olomunyak a arraché une branche d'un arbre et s'est mis à la faire tournoyer avec sa trompe, exhibant son butin aux autres tout en indiquant clairement qu'il ne le partagerait pas. Pardamat n'a pas pu résister à ce défi. En voyant Olomunyak agiter la branche, il s’est approché nonchalamment, broutant au passage. Devinant le plan rusé du mâle plus âgé, Olomunyak s’est enfui, serrant la branche dans sa trompe. Pardamat s’est lancé à sa poursuite mais n’a pas pu l’attraper, car Olomunyak avait trouvé refuge auprès des grandes femelles.

Notty peut se montrer très protectrice envers Tytan. Un jour, alors qu’un des gardiens s’est approc hé du duo pendant qu’ils paissaient et l’a prise au dépourvu, elle s’est retournée vers son ami le rhinocéros et lui a donné un coup de patte arrière. Tytan l’a ignorée et, finalement, Notty est retournée paître à ses côtés.

Tytan et Notty

Tytan est moins protecteur (puisqu’il s’agit d’un rhinocéros), mais préfère garder Notty près de lui. Un après-midi, Notty s’est mise à courir au milieu d’un grand troupeau d’impalas comptant plusieurs petits. Elle courait avec eux tout en les poursuivant. Tytan n’appréciait pas la situation et s’est donc précipité vers le troupeau. Nous l’avons calmé en l’appelant, et Notty est revenue rejoindre Tytan.

Le soir du 26 juin, une nouvelle rescapée est arrivée de Laikipia. Maisor, comme nous l’avons baptisée, a été installée dans l’écurie à côté de Wamata et a passé une bonne première nuit avec le soigneur Peter. Dès le lendemain, elle s’est montrée amicale envers les soigneurs et s’est bien nourrie de lait et de végétaux tendres. Elle n’est pas encore assez forte pour rejoindre le troupeau, mais passe plusieurs heures par jour à se promener tranquillement au soleil.

Le mois s’est terminé par ce qui devient une charmante routine : le soir, Mzinga met la petite Zuri au lit. Toutes deux rentrent les dernières, la grande nounou marchant d’un pas assuré aux côtés de la toute petite femelle. Ce n’est qu’une fois qu’elle a « bordé » Zuri dans son étable — en prenant parfois une bouchée de luzerne bien méritée pour la récompenser de ses efforts — que Mzinga regagne tranquillement son enclos.

 

 Photos créditent DSWT

  Nous rappelons que pour les nouvelles et les photos nous sommes tributaires du Sheldrick Wildlife Trust et ne pouvons fournir que les informations remises concernant les orphelins, sans oublier que les traductions sont faites bénévolement sur du temps personnel.

 

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Catégorie : Le Groupe de la Nurserie