Traduction d'après le journal des soigneurs du Sheldrick Wildlife Trust par Laurence Cornet-Noel

Ce fut encore un mois de joie à Nairobi. Cela tient en grande partie à l’enjoué OLOMUNYAK, qui est l’ami de tout le monde. Il joue sans arrêt et invite quiconque souhaite se joindre à lui. Mais il a des rivaux : ARTHI semble devenir aussi enjoué que son grand frère et DABA commence lui aussi à sortir de sa coquille.
Un matin, Daba décida de montrer à Maisor, le petit nouveau, son coin secret pour brouter : un petit espace clôturé, recouvert d’une végétation dense, situé au bout des enclos, où Daba avait l’habitude de venir brouter tôt le matin, à l’abri du regard des gardiens. Alors que le petit Maisor avait la taille idéale pour se faufiler à l’intérieur, le corpulent Daba ne s’était pas rendu compte à quel point il avait grandi et se retrouva coincé sous la clôture. Des barrissements de panique s'ensuivirent, ce qui mit Maisor lui aussi en état d'alerte. Mzinga, Nyambeni, Muridjo et Wamata s'occupèrent de Maisor tandis que Taroha s'approcha tranquillement et poussa la clôture pour libérer Daba.
Olomunyak
Daba
Mzinga est une véritable meneuse. Elle n’est pas la plus âgée du troupeau, mais elle fait preuve d’un sens des responsabilités et d’une bienveillance incroyable. Depuis que Kamili est revenue à la nurserie, Mzinga lui accorde une attention particulière. Si Kamili s’éloigne du troupeau — comme elle a coutume de le faire —, Mzinga la suit. Pendant le bain de boue de midi, nous accompagnons Pardamat, Nyambeni et Kamili à une courte distance, car elles peuvent se montrer imprévisibles face à des humains inconnus. Un jour, Kamili est partie dans une direction différente de celle des deux autres. L’observant de loin, Mzinga a décidé de la suivre et est restée avec elle jusqu’à la fin de la séance.
Kamili
Mzinga
Nyambeni et Muridjo, quant à elles, deviennent des petites femelles de quatre ans fougueux et rebelles. Elles restent très attentionnées et protectrices envers les autres orphelins, mais se montrent moins obéissantes envers les soigneurs. Quand elles veulent dire « non », au lieu de nous ignorer, elles font leur petit numéro de recul rapide, en faisant plusieurs pas en arrière sans prévenir. Il faut rester sur nos gardes pour éviter de se retrouver sur la trajectoire d’un éléphant de 800 kilogrammes !
Nyambeni
Parrdamat
Nous sommes heureux d’annoncer que Kamili a meilleure mine et a pris un peu de poids depuis son retour à la nurserie. Elle se nourrit bien et a retrouvé un regain d’énergie ; elle va même se vautrer dans la boue aux côtés des autres plutôt que de rester tranquillement à l’écart. En fait, elle profite parfois de son ancienneté pour décider qui a le droit de la rejoindre dans son bain de boue et qui n’en a pas le droit ! Un matin, elle n’a autorisé que les plus petits — Kipekee, Zuri, Daba, Arthi et Wamata — à entrer dans la mare. Les mâles turbulents ont dû attendre sur les bords et ce n’est qu’une fois que Kamili a eu fini de nager qu’ils ont osé se jeter à l’ea Talek a l’habitude d’être reléguée au rang de nounou de second plan. Cela ne semble pas la déranger : c’est une éléphante facile à vivre et son heure viendra.
Certains jours, cependant, elle décide de se rebeller. Un matin comme celui-là, elle a fait la course avec Mzinga jusqu’à l’écurie de Maisor, rivalisant pour arriver la première. Une fois arrivées, le bébé enveloppé dans une couverture s’est retrouvé bloqué à l’intérieur, car les deux jeunes femelles refusaient de céder leur place devant la porte. Nous avons dû les écarter de notre chemin et, enfin, Maisor est sorti en titubant. Mzinga a tenté d’empêcher Talek de toucher Maisor, mais Talek a persévéré. La plus âgée a dû partager ses tâches de nounou, les deux femelles l’accompagnant dans la forêt.
Talek
Taroha
Taroha est le mâle dominant — mais aussi le plus doux — du troupeau. On le trouve souvent avec les jeunes bébés, veillant sur eux et se montrant généralement serviable. Un jour, il se tenait coincé entre Daba et Kipekee, arrachant des feuilles des arbres pour les partager avec les petits. Ceux-ci n’osaient pas lui retirer les feuilles de la bouche, comme ils le feraient avec les mini-matriarches, et attendaient plutôt qu’il les laisse tomber sur le sol de la forêt.
À l’inverse, Pardamat ne s’intéresse pas aux petits de notre troupeau. Ce mâle en pleine croissance, dont les défenses ont enfin percé après être restées enfouies sous la peau pendant des mois, préfère la compagnie des éléphants plus âgés. Il joue avec Nyambeni, Taroha, Olomunyak ou Muridjo, mais n’a pas de temps à consacrer à Zuri ou Maisor.
Zuri
Maisor
La petite Zuri suit les traces de Kipekee et devient une éléphante extrêmement gâtée : elle sait qu’elle est la préférée incontestée de Muridjo et peut donc se permettre n’importe quoi en toute impunité. Un matin, Zuri s’est faufilée derrière Kipekee et l’a poussée violemment. Sous le choc, Kipekee abarri et s’est renversée. Réalisant que Zuri était la coupable, elle s’est lancée à sa poursuite, mais a été interceptée par une Muridjo très protectrice. La mini-matriarche a calmé Kipekee avec sa trompe, mais ne l’a pas laissée s’approcher de Zuri.
Kipekee et Muridju
Warmata Muridju, Daba et Zuri
En tant que deux plus jeunes femelles de la nurserie, Zuri et Kipekee sont amies, mais aussi rivales pour l’affection des grandes. Parfois, Kipekee regrette les attentions sans réserve dont elle bénéficiait avant l’arrivée de Zuri. Un matin, elle a décidé de se venger un peu. En sortant de son enclos, elle s’est arrêtée devant la porte de sa voisine Zuri, la bloquant pour la piéger à l’intérieur. Son plan a été déjoué par la petite Zuri, qui a mobilisé les nounous d’un coup de trompe. Talek, Nyambeni et Mzinga se sont précipitées pour libérer la petite otage, tandis que Kipekee, l’air penaud, restait à l’écart.
Alia, calme et assidue, est en train de devenir une excellente nounou. Elle est particulièrement attentive à Maisor, mais aussi à Zuri dès qu’elle en a l’occasion. Lorsque Muridjo, Nyambeni, Mzinga et Talek veulent jouer, elles confient les femelles aux soins compétents d’Alia ; elle préfère s’occuper des petits plutôt que de se bagarrer avec les grands.
La jeune Wamata devient elle aussi une nounou très attentionnée : elle n’a que deux ans, mais elle pourrait bien devenir la future chef du troupeau. Un matin, elle a couru le long du sentier pour aller boire son lait avec le premier groupe d’orphelins. Après avoir bu son lait, elle s’est montrée agitée et inquiète, car Zuri et Maisor n’étaient pas là. Plutôt que d’attendre patiemment leur arrivée, elle a rebroussé chemin en remontant le sentier pour les intercepter, en grondant et en barrissant. Wamata était tellement heureuse de retrouver les deux femelles qu’elle leur a donné des petits coups de trompe tout en marchant derrière elles d’un air protecteur.
Tytan et Notty
Max
Tytan, le jeune rhinocéros noir, et sa compagne de jeu, Notty, le jeune zèbre, ont passé un merveilleux mois d’août. Ils restent les meilleurs amis du monde, même si l’on nous rappelle parfois à quel point leurs espèces sont différentes. En tant qu’animal grégaire, Notty est sociable par nature, contrairement à Tytan. Elle partage ce trait de caractère avec les éléphants et a naturellement commencé à s’intéresser davantage à eux. Un après-midi, Notty a refusé de quitter le bain de boue après que Tytan et elle en eurent fini : elle voulait rester avec les éléphants et a ignoré les appels et les sifflets de son soigneur. Elle a trotté d’un éléphant à l’autre jusqu’à ce que le troupeau quitte la mare de boue, après quoi elle s’est éloignée au galop pour rejoindre Tytan.
Max, le rhinocéros noir, vit à son rythme. Comme il est aveugle, son enclos est entièrement clôturé pour sa protection. Il peut ainsi entrer et sortir comme bon lui semble, quelle que soit l’heure. Parfois, alors que le reste du troupeau de la nurserie est déjà bien au chaud dans ses quartiers, il s'offre une nuit endiablée. Une nuit, nous l'avons entendu courir enjouer dans son vaste enclos et pousser les clôtures de la tête, avant de s'adonner à un bain de boue très tôt le matin. Lorsque les éléphants se sont enfoncés dans la forêt peu après l'aube, Max dormait près de sa porte.
Photos créditent DSWT
Nous rappelons que pour les nouvelles et les photos nous sommes tributaires du Sheldrick Wildlife Trust et ne pouvons fournir que les informations remises concernant les orphelins, sans oublier que les traductions sont faites bénévolement sur du temps personnel.
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