Tout a commencé avec huit magnifiques éléphants sauvages, chacun espérant remporter la victoire. Un après-midi, deux des prétendants les plus impressionnants se sont affrontés dans une épreuve de force tonitruante, aucun des deux ne voulant céder. L’affaire s’est tranchée lors d’un affrontement final qui a désigné les vainqueurs et les vaincus. Le mâle vaincu s’est éloigné, laissant derrière lui une défense cassée et tous ses espoirs de conquérir le cœur de Lima Lima. Sous le regard des Gardiens, ce jour-là, l’amour a tourné au vinaigre.
Lima Lima
Lenny avec Enkesha
Tandis que Lima Lima était occupée par ses rituels de séduction, Quanza, Enkesha et Kiasa se virent confier la responsabilité de s'occuper de Lenny. Fatigué et submergé par la situation, celui-ci appréciait de pouvoir se reposer auprès de ses nourrices de confiance. De temps à autre, Lima Lima s'éloignait discrètement des mâles pour l'allaiter, avant de retourner à ses affaires de cœur.
Incroyablement, l’intrigue amoureuse n’était pas encore terminée. Après s’être mis d’accord avec Lima Lima, les mâles ont alors tourné leur attention vers Kiasa. Il semblait que Faraja — qui, comme Alamaya, Jasiri, Ziwa et Mwashoti, est trop jeune pour s’accoupler lui-même — aidait à identifier celles qui pourraient être réceptives aux mâles sauvages. Il a déambulé parmi les femelles, les reniflant avec curiosité, avant de disparaître dans la forêt. À son retour, il était accompagné de plusieurs éléphants sauvages, qui se sont concentrés sur Kiasa. Les gardiens sont restés en retrait et ont laissé la nature suivre son cours. Dans 22 mois, notre troupeau pourrait bien compter deux petits-éléphanteaux supplémentaires.
Kiasa et son copin sauvage
Faraja
Assister à tout ce comportement turbulent de mâle a semblé inspirer Kapei à tenter lui-même quelques manœuvres. Un jour, il a audacieusement essayé de monter sur Quanza. Elle a naturellement pris cela comme un manque de respect, car Kapei est encore très jeune et elle estimait que c'était impoli de sa part de se comporter ainsi envers une femelle plus âgée. Elle l'a poursuivi jusque dans les buissons, où il est resté caché jusqu'à ce qu'elle se calme. Mwashoti, qui sait bien qu’il ne faut pas se comporter de manière aussi grossière, eut une petite altercation avec Quanza et l’aida à se calmer.
Murera et Quanza
Mwashoti et Kepei
Quelques jours plus tard, Kapei eut des ennuis avec Amali lorsqu’il tenta de lui sauter dessus. Choquée par son comportement, elle se retourna brusquement et le renversa au sol. Voyant Kiasa et Enkesha s’approcher pour le remettre à sa place, Kapei s’est enfui chercher la protection de Mwashoti et Maktao. Mwashoti l’a accueilli, mais avec beaucoup de prudence, lui rappelant de se montrer respectueux et de ne pas jouer brutalement avec les plus jeunes.
Les sautes d’humeur liées à la grossesse de Murera continuent de nous tenir en haleine. Certains jours, elle est tout à fait raisonnable. D’autres jours, elle est sur le pied de guerre. Un matin comme celui-là, elle n’autorisait que Mwana à s’approcher d’elle et s’en prenait à tout autre éléphant qui passait simplement à proximité. Amali a été la première à en faire les frais, suivie de Kiasa et Kapei. Bientôt, tout le monde semblait barrir alors que Murera s’en prenait à eux. Il était temps que les gardiens interviennent. Ils l’ont calmée en l’appelant par son nom et en agitant doucement un doigt pour lui faire comprendre que son comportement était inacceptable.
Parfois, Murera n’a même pas besoin de s’emporter : son regard en dit long ! Un matin, Latika s’est approchée de Mwana dans l’espoir de jouer, mais elle l’a trouvée debout près de sa mère. Murera n’était manifestement pas de bonne humeur après être sortie dans l’air froid de l’aube. Latika a croisé le regard perçant de Murera et a immédiatement fait demi-tour, comprenant qu’on lui avait fait comprendre de garder ses distances.
Seule Mwana ose repousser les limites avec Murera, comme toute fille en a le droit. Comme elle grandit et ne tient plus facilement sous l’épaule de sa mère, elle invente de nouvelles tactiques pour téter. Désormais, elle s’allonge simplement par terre pour téter et se faufile sous Murera, avalant en cachette autant de gorgées de lait qu’elle le peut avant que sa mère ne s’éloigne
Murera et son bébé Mwana
Sonje et Zongoloni
Sonje et surtout Zongoloni sont des mères très vigilantes, mais Lima Lima adopte une approche différente de la parentalité. Nous nous en sommes rendu compte un matin, lorsque les « fêtards » et les orphelins se sont rassemblés pour le petit-déjeuner. Les gardiens ont compté les petits bébés, mais n’en ont trouvé que deux. Ils ont recompté, et n’en ont toujours trouvé que deux. Lima Lima était là, mais où était son fils, Lenny ?
Comme si on leur avait donné le signal, un bébé éléphant s’est mis à crier à quelques pas de là. Les nounous, reconnaissant la voix de Lenny, ont répondu par des grognements. Lima Lima s’est élancée à toute vitesse et est revenue peu après, son fils sur ses talons.
Les soigneurs n'arrivaient pas à croire que Lima Lima ait oublié Lenny. Il semble plus probable qu'il faisait la sieste et que Lima Lima ne voulait pas perturber son repos — mais elle ne voulait pas non plus manquer le petit-déjeuner. Face à un choix impossible, elle a décidé de laisser son fils à portée de voix pendant qu'elle profitait d'un repas entre amis !
Kamili, Kerreo et Latika
Le 21 juillet, Kamili a été ramenée à la nurserie. Depuis qu’elle avait connu une rechute fin mai, son état ne s’était pas amélioré autant que nous l’espérions ; il a donc été décidé de l’emmener à Nairobi, où l’accès aux soins vétérinaires est plus facile et où la surveillance est encore plus étroite.
Au cours des semaines qui ont précédé le transfert, nous avons aidé Kamili à se réhabituer au camion qui l’avait conduite, avec ses amies Kerrio et Latika, à Umani en décembre. Le matin du transfert, elle ne semblait pas du tout nerveuse. Kerrio a fait preuve de leadership en réconfortant son amie, en l’accompagnant jusqu’au camion et en montant même à bord avec elle. Les deux femelles ont bu ensemble au biberon dans le camion avant que Kerrio ne rejoigne le troupeau. Nous avons fait nos adieux à Kamili et nous avons bon espoir qu’elle se remettra bien à Nairobi.
Photos créditent DSWT
Nous rappelons que pour les nouvelles et les photos nous sommes tributaires du Sheldrick Wildlife Trust et ne pouvons fournir que les informations remises concernant les orphelins, sans oublier que les traductions sont faites bénévolement sur du temps personnel.
Nous vous remercions de votre soutien !
