Traduction d'après le journal des soigneurs du Sheldrick Wildlife Trust par Laurence Cornet-Noel

Le mois de juin a commencé avec MBEGU, NDOTTO,NGILAI,MURIT, TAGWA et GONDOMA, d'anciens orphelins, qui ont emprunté le sentier pour rejoindre le troupeau dont ils dépendent pour le petit-déjeuner, comme ils en ont désormais l'habitude.
Le retour des anciens orphelins peut blesser l’ego de nos jeunes femelles plus âgées — elles sont les nounous préférées, jusqu’à ce que les anciennes favorites refassent leur apparition ! Ce fut le cas lorsque Busara s’est éloignée de sa grande sœur Rokka pour se rapprocher de Mbegu, sa nounou d’origine. Jalouse, Rokka s’est alors rapprochée de Lemeki et s’est mise en valeur en passant d’un pas décidé devant Mbegu et Busara en compagnie de la mini-matriarche.
Rokka
Lemeki
En réalité, même si Rokka s'épanouit dans son rôle de nounou, elle semble aussi éprouver une certaine nostalgie pour ses jeunes années. Elle a passé une grande partie du mois aux côtés de Lemeki, s'imprégnant de l'attention que lui portait la mini-matriarche. Serenget et Lumo observaient avec jalousie Rokka se faire traiter comme un petit bébé.
Plus tard dans le mois, les anciens orphelins sont revenus avec Tamiyoi, qui était partie depuis quelques semaines. Busara et Baraka étaient très heureux de revoir Tamiyoi et sont restés près d’elle toute la matinée.
Ashanti, avec sa trompe raccourcie par un piège, a une façon bien particulière de manger de la luzerne. Elle parvient à attraper un petit bouquet avec sa trompe, mais utilise sa patte avant pour propulser la luzerne depuis sa courte trompe jusqu’à sa bouche. Cela lui prend un peu plus de temps qu’aux autres éléphants, mais sa technique fonctionne très bien !
Ashanti
Busara et Mbegu
Losoito reste la plus petite, la plus trapue et la plus gâtée de notre troupeau de Voi. Les autres orphelins se plient à ses caprices, car l’alternative serait source d’encore plus d’ennuis pour tout le monde ! Un après-midi, Hildana se vautrait avec délectation dans un mini-point d’eau. Losoito s’est allongée sur lui pour tenter de le chasser et pouvoir disposer de l’espace pour elle seule. Même s’il est plus âgé et plus fort, Hildana a volontairement cédé sa place à la jeune femelle choyée.
Autre observation concernant Losoito : c’est une brouteuse de luzerne accomplie, mais plutôt gourmande. Contrairement aux autres, qui ont tendance à en prendre de petites bouchées, elle préfère se gaver à tel point que la luzerne déborde de ses joues ! Sans surprise, son ventre est tout aussi bombé.
Losoito
Ushindi et Serenget
À l’inverse, Serenget a toujours été une petite éléphante calme et sans histoire jusqu’à présent… mais Losoito est peut-être en train de la pervertir ! Un jour, alors que le troupeau attendait patiemment ses biberons de l’après-midi, la gourmande Losoito s’est échappée et a filé vers le lieu d’alimentation — avec Serenget sur ses talons ! Ne trouvant pas de camion sur place, les petites ont dû attendre l’heure du repas.
Certains jours sont consacrés au broutage, d’autres au jeu. Un après-midi mémorable appartenait sans aucun doute à cette dernière catégorie : après avoir brouté un moment, les éléphantes se sont livrées à une partie de cache-cache, courant dans tous les sens en agitant leurs oreilles et leurs trompes, et en barrissant d’excitation. Lemeki a tenté de préserver sa dignité de mini-matriarche, mais elle s’est vite jointe à la partie, fonçant à travers les buissons. Rokka et Sileita menaient la charge, virevoltant dans la prairie et se frayant un chemin à travers les buissons avec leurs amies.
Ushindi a pleinement adopté Serenget, prenant le relais de Rokka, qui choisit souvent de rester avec Lemeki. Ushindi passe généralement ses matinées à brouter avec Serenget sur les pentes de la colline, la protégeant des brutes comme Busara et Losoito, qui sont jaloux du plus jeune bébé du troupeau.
Juni
Lumo
Juni, quant à elle, s’efforce de s’occuper de Lumo — avec un succès mitigé ! Elle le touche de sa trompe et le suit partout, mais Lumo est indépendant et aime s’éloigner pour brouter tout seul. Juni n’a pas la tâche facile, mais elle n’abandonne pas.
Epiya est très extravertie — parfois à son détriment. Un après-midi, elle a emmené Serenget, Lumo et d’autres vers un troupeau d’éléphants sauvages rassemblés autour de l’abreuvoir du baobab. L’effrontée Epiya a alors tenté d’enlever un petit éléphanteau sauvage, mais elle a été sévèrement chassée par la mère. Lumo et Serenget ont eu une sacrée frayeur et se sont réfugiés loin du troupeau sauvage, sous un arbre, tandis qu’Epiya s’attardait en périphérie, au cas où une nouvelle occasion de « kidnapping » se présenterait.
Epiya
Hildana
De plus en plus, les « enfants de Voi » — Itinyi, Epiya, Busara, Ashanti, Baraka, Kilulu, Akina, Ushindi, Seri, Kenderi, Dabida, Hildana, Juni, Losoito, Rokka, Sholumai, Mushuru, Sileita, Serenget et Lumo — ne forment plus qu’un troupeau de petits dépendants ! Seuls Lemeki, Thamana et Rokka, nos piliers un peu plus âgés, les soutiennent.
Le jeune Harea, que nous avons sauvé le mois dernier, continue de se rétablir dans son enclos. Bien qu’il ne soit pas avec les autres éléphants, il apprend à les connaître et s’intègre peu à peu au troupeau. Certains s’arrêtent pour le saluer le matin et le soir. Harea est plus calme lorsqu’ils sont près de lui.
Photos créditent DSWT
Nous rappelons que pour les nouvelles et les photos nous sommes tributaires du Sheldrick Wildlife Trust et ne pouvons fournir que les informations remises concernant les orphelins, sans oublier que les traductions sont faites bénévolement sur du temps personnel.
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