Traduction d'après le journal des soigneurs du Sheldrick Wildlife Trust par Laurence Cornet-Noel

Le mois de juillet a commencé avec l'arrivée d'une nouvelle princesse de la nurserie sur le trône ! À l'heure du biberon de midi, ZURI a bu son lait en gardant un œil vif rivé sur son amie, sa camarade et sa rivale, KIPEKE. ZURI boit toujours son lait debout, près de MZINGA, NYAMBENI ou MURIDJU, et la présence de sa nounou, qui veille sur elle, lui donne confiance.
Dès qu’elle eut fini son lait, Zuri se précipita vers Kipekee, la repoussa de son biberon et la chassa, dans l’espoir évident de la faire partir pour pouvoir récupérer sa part de lait. Nous avons séparé les deux petites qui se disputaient, avons raccompagné la vilaine Zuri de force auprès de ses nounous, puis avons rendu à Kipekee le biberon qui lui revenait de droit.
La plupart des matins, Maxwell, notre rhinocéros noir aveugle, se trouve près de son enclos, attendant que le troupeau de la nurserie passe. Il apprécie énormément ces interactions et reste immobile tandis que les éléphants posent leur trompe sur sa tête en guise de salut. Certains jours, cependant, le soleil l’emporte et rien ne parvient à faire sortir Max de son coin de sieste bien au chaud ! Un matin comme celui-là, Pardamat a donné un coup de tête dans la barrière pour attirer l’attention de Max, mais le rhinocéros l’a ignoré et a continué à se reposer au soleil.
Maxwell
Zuri et Kepekee
Tytan, notre autre rhinocéros noir, se porte également très bien. Lui et sa meilleure amie, Notty la zèbre, grandissent vite : Tytan est presque aussi grand que Notty et bien plus large. Notty a toujours été la gardienne de Tytan et est devenue surprotectrice. Chaque fois que Tytan s’allonge pour faire une sieste pendant la journée dans la forêt, Notty reste à veiller sur lui. Elle prend cette responsabilité très au sérieux et chasse tous les animaux sauvages qui osent s’approcher, même si aucun d’entre eux ne représente une menace. Les babouins, les impalas et même les phacochères qui aiment trottiner autour des orphelins sont tous chassés.
Cependant, Notty s’est habituée aux éléphants et tente parfois de s’en approcher. Un matin, alors qu’elle était en pleine chasse aux babouins, elle est tombée sur le troupeau, a changé de direction et s’est dirigée au trot vers eux. Comme on pouvait s’y attendre, Mzinga a accueilli Notty à bras ouverts — elle adore toujours les amis qui ne sont pas des éléphants —, contrairement à Muridjo et Talek. Les deux femelles barrissaient et la poursuivaient, mais Notty n’arrêtait pas d’esquiver et de se cacher derrière Mzinga, qui a alors pris le zèbre sous sa protection et a chargé Talek !
Tytan et Notty
Olomunyak et Talek
Le 2 juillet, notre nouvelle venue, Maisor, était prête à rejoindre le troupeau de la nurserie dans la forêt. Alors que les orphelines traînaient encore près des enclos, nous avons amené Mzinga, Nyambeni et Wamata pour l’escorter hors de son box. Tandis que les femelles se pressaient autour d’elle, la touchant de leur trompe en signe de bienvenue, Kipekee, Daba et Arthi couraient tout autour de la nurserie en barrissant d’excitation. L’arrivée d’un nouveau membre dans le troupeau est un grand jour pour tout le monde !
Bien que Maisor soit encore en convalescence, elle s’est bien adaptée à la vie à la nurserie. Nyambeni, Talek, Muridjo et Mzinga sont très protectrices à son égard, et on la trouve généralement nichée entre plusieurs « nounous ». Comme on pouvait s’y attendre, Kipekee et Zuri étaient au départ assez jaloux, mais elles ont fini par mettre leurs différends de côté et accepter la nouvelle venue dans le troupeau. En fait, nous avons remarqué que depuis l’arrivée de Zuri, Kipekee est devenue moins gâtée et se comporte mieux. Notre petite princesse grandit !
Maisor et Nyambeni
Daba
Les éléphants sont tellement intelligents. Ils captent les indices, font le lien entre les éléments et savent exactement ce qui se passe. Par exemple, Arthi, Daba, Wamata, Kipekee, Pardamat et Mzinga sont devenus les « maîtres » des talkies-walkies des soigneurs. Dès qu’ils entendent un message passer à la radio, ils savent qu’il y a de fortes chances que le lait arrive et se dirigent vers les soigneurs en grognant d’impatience.
Alia est une éléphante amusante. Parfois, elle s’embrouille quand vient l’heure du lait — même si elle adore le lait et vide toujours ses biberons. Un matin où elle était particulièrement désorientée, elle a couru jusqu’au point d’alimentation avec son groupe, mais à la dernière minute, elle a fait demi-tour et est remontée le long du sentier. Elle a attendu là jusqu’à ce que tous les autres orphelins soient arrivés, puis a lentement fermé la marche avec un soigneur. Peut-être voulait-elle éviter toute chahut.
Alia et Pardamat
Taroha et Arthi
Arthi, en revanche, a les idées bien claires quand il s’agit de lait : il adore faire des histoires et être le premier de la file. Un matin, il est parti en queue de peloton lorsque Kipekee, Daba, Wamata et Zuri sont descendus pour leur tétée. Barrissant avec indignation, Arthi a dévalé le sentier, dépassant ses quatre amis en chemin et atteignant la mare de boue en tête. On dirait qu’il n’a pas bu de biberon depuis des jours, plutôt que depuis seulement trois heures !
L'endroit préféré de Daba pour brouter tôt le matin est le petit carré clôturé, composé d'herbes et d'arbustes, situé à côté des enclos. Un matin, alors que nous conduisions le troupeau dans la forêt, nous avons remarqué que Daba n’était pas là. Une minute plus tard, nous avons entendu des barrissements d’alarme et l’avons trouvé coincé sous la clôture ! Quand il était petit, il pouvait faufiler son corps rondouillard sous la clôture, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui : il est désormais trop petit pour escalader la clôture, mais trop grand pour passer en dessous. Il a fallu quelques manœuvres pour dégager ce jeune mâle en pleine croissance.
Maisur, Mzinga et Olomunyak
Kamili, Kerreo et Latika
Plusieurs de nos petits de la nurserie semblent apprécier la nourriture qui demande un peu d’ingéniosité. Olomunyak, notre adorable voleur, reçoit largement sa part de collations du soir, mais préfère les voler à ses amis. On le surprend souvent accroupi, tendant sa trompe sous les cloisons pour atteindre les pièces de ses voisins. Arthi, de nature bon enfant, le laisse en piquer une trompe pleine, mais Taroha n’est pas aussi généreux. Le mâle plus âgé donne un coup de pied bien senti dans la trompe d’Olomunyak, le forçant à battre précipitamment en retraite.
Le 21 juillet, nous avons accueilli à nouveau Kamili à la nurserie. Elle avait rejoint Umani Springs en décembre dernier. Au départ, elle s’épanouissait dans la forêt luxuriante de Kibwezi, mais elle n’allait pas bien ces dernières semaines ; il a donc été décidé de la ramener à la nurserie afin qu’elle puisse être suivie de près. Nous avons ouvert la porte du camion de transfert et Kamili en est sortie, accueillie chaleureusement par les éléphants plus âgés, qui la connaissent tous très bien. Muridjo, Mzinga, Nyambeni, Taroha, Pardamat et Talek se sont rassemblés autour d'elle, grognant pour lui souhaiter la bienvenue.
Wamata
Muridju
Alors que la plupart des bébés font des histoires lorsqu’on les fait passer de l’étable à l’enclos, Wamata semblait avoir hâte de bénéficier d’un logement plus adapté à son âge. Elle avait commencé à pousser les murs de son box, nous savions donc que le moment était venu. Nous l’avons installée dans l’enclos à côté de Kamili, qui était ravie d’avoir une voisine. Nous pouvions entendre les deux jeunes femelles s’agiter toute la nuit, puis elles se sont enfoncées ensemble dans la forêt à l’aube — déjà devenues de grandes amies.
Photos créditent DSWT
Nous rappelons que pour les nouvelles et les photos nous sommes tributaires du Sheldrick Wildlife Trust et ne pouvons fournir que les informations remises concernant les orphelins, sans oublier que les traductions sont faites bénévolement sur du temps personnel.
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